L’intégration de la composante artistique demeure un préalable indispensable à la réforme de l’éducation, a souligné, mardi 22 Janvier 2019 à Rabat, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed El Aaraj. 

La composante artistique constitue une condition sine qua none à la formation de l’individu et à la construction de la société, dans la mesure où cette forme d’expression humaine que représente l’art doit être présente dans le milieu scolaire et pédagogique, a affirmé M. El Aaraj à l’ouverture du colloque national sur l’éducation artistique, organisé par le ministère de la Culture et de la Communication (département de la Culture), sous le thème « L’éducation artistique, base de l’édification d’une école attractive et d’une société créative ». Le Maroc a cumulé une importante expérience dans le domaine artistique qu’il convient de consolider à la lumière des importants acquis réalisés à cet égard, a de même soutenu M. El Aaraj, rappelant, dans ce sens, l’engagement ferme du département de la culture à renforcer l’arsenal juridique relatif à l’art de manière à intensifier la présence de la composante artistique dans les différents centres de formation d’arts et de musique. Il a également mis en avant l’impératif de s’appesantir sur cette question, sans faire la discorde entre politique culturelle et politique éducative, relevant que le ministère s’emploie à restructurer l’enseignement technique au niveau des établissements, afin de le mettre en phase avec les importantes évolutions positives qu’a connues le Maroc dans le domaine artistique et d’accentuer la réhabilitation des industries culturelles.

M. El Aaraj a noté l’importance d’accélérer la promulgation de la loi relative à l’artiste, avec comme finalité de favoriser l’instauration d’un certain équilibre entre l’enseignement des arts et le système pédagogique, plaidant pour la mise en place d’un système global et intégré de l’éducation artistique, fondé sur une bonne assimilation des domaines techniques et sur un investissement judicieux dans la création et le soutien d’une école de qualité.

Pour sa part, le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Said Amzazi a souligné que le renforcement de l’offre scolaire dépend de la consolidation de la pluridisciplinarité au niveau de la recherche et la complémentarité entre les sciences fondamentales, les sciences appliquées, les sciences humaines et sociales, les lettres et les arts.

Dans une allocution lue en son nom par M. Aziz Nahya, chargé du pôle de la vie scolaire au département de l’Éducation nationale, M. Amzazi a fait savoir que le ministère veille à la mise en place d’espaces dédiés à la culture et à l’art dans l’ensemble des établissements scolaires du Royaume, en tant qu’espaces de connaissance à même d’améliorer la capacité intellectuelle des élèves.

M. Amzazi a, également, souligné que l’éducation artistique constitue un véritable levier du développement de l’enseignement, réitérant la disposition du ministère à œuvrer davantage en faveur de l’inclusion de la composante artistique dans le domaine de la formation, eu égard au rôle important joué par les activités culturelles et artistiques dans la formation et l’éducation aux valeurs, ainsi que dans la découverte des compétences et la création d’un monde scolaire fait de créativité et d’innovation.

Il a, de même, relevé que le département de tutelle prévoit, dans le cadre de ses compétences et conformément aux objectifs de la vision stratégique 2015-2030, la mise en place de programmes contractuels entre l’État et des institutions au niveau territorial, qui définit clairement les obligations de chaque partie, les exigences pratiques relatives à la mise en œuvre de ces programmes, au suivi de leur réalisation et de leur évaluation d’impact, ainsi qu’à la réalisation des objectifs fixés par un ensemble de projets relatifs au développement de l’éducation artistique.

De son côté, le délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Saleh Tamek a indiqué, dans une allocution lue en son nom, que l’éducation artistique devra prendre davantage de place dans le cadre de l’élaboration des politiques publiques et ce, en harmonie avec la place de choix que le Maroc occupe sur la scène internationale, après l’adoption de la constitution de 2011 et la mise en adéquation de ses lois avec les conventions internationales en la matière.

M. Tamek a, dans ce sens, souligné que la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) ne ménage aucun effort en vue de l’amélioration de la situation des détenus, notamment dans le volet relatif à la formation et au développement des capacités culturelles et ce, en droite ligne avec la Haute sollicitude dont SM le Roi Mohammed VI entoure les détenus.

Il a, Dans ce sens, passé en revue les différents chantiers de la DGAPR et ses différents programmes d’éducation et de réinsertion, ainsi que les programmes culturels et pédagogiques initiés par la délégation, évoquant à ce titre le programme d’université dans les prisons, qui prévoit des conférences et des activités à caractère culturel, éducatif et récréatif, animées par des experts nationaux et internationaux dans le domaine de la réinsertion, des artistes et des associatifs, ainsi que la publication du magazine « Les cahiers du prisonnier », consacré aux créations littéraires, intellectuelles et artistiques des détenus et supervisé par une commission composée de professeurs et d’experts.

M. Tamek a, de même, rappelé l’initiative du « café culturel », organisé par la DGAPR au niveau national, au profit des détenus, en vue de les encourager à s’intéresser à la culture et à interagir avec des personnalités du monde culturel et artistique, outre la tenue de la première édition du festival du film d’Oukacha, à Casablanca.

Ce colloque se propose de centrer et d’approfondir le débat sur les moyens de consolider une éducation artistique, esthétique et créative dans le système éducatif, qui comprend les arts plastiques et visuels, la musique, les arts chorégraphiques et le théâtre, dans le but de renforcer le capital culturel national et de contribuer à la démocratisation du travail artistique et culturel au Maroc, qui est une des principales conditions pour la promotion des valeurs et la préservation de l’identité culturelle et du patrimoine humain, artistique et littéraire.

Tenu à l’occasion de la réédition de la revue culturelle « Founoun », ce colloque vise à ouvrir le débat sur la mise en place d’une vision intégrée, à même de parvenir à une éducation artistique et créative globale qui profite des leviers sociaux et esthétiques du Maroc dans son interaction avec le monde extérieur.

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