Ministère de la Culture et de la communication

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vendredi 28 avril 2017

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l’Audiovisuel

La mise à niveau du secteur audiovisuel et l’amélioration de sa compétitivité

Sur fond de libéralisation du paysage audiovisuel national, le secteur de l’audiovisuel public s’est vu renforcé et réconforté dans son rôle de service public majeur.

En termes de ressources matérielles et financières, en termes de diversification de l’offre radiophonique et télévisuelle et en termes de diversification et d’amélioration des contenus, le service audiovisuel public dispose d’une panoplie d’atouts lui permettant de préserver sa position de locomotive du développement des médias audiovisuels dans notre pays et de résister à la concurrence tant du privé que des services audiovisuels étrangers de plus en plus agressifs.

Poursuivre les efforts de rationalisation et de renforcement de la gouvernance des entités de l’audiovisuel national, favoriser les synergies et les complémentarités, soutenir les efforts visant l’amélioration et la diversité des contenus, accompagner les chantiers de modernisation des vecteurs de diffusion, sont les repères et les leviers du développement des médias audiovisuels nationaux.

Le ministère compte poursuivre les efforts visant le renforcement de la gouvernance de l’audiovisuel public afin d’améliorer sa qualité et sa compétitivité dans un contexte régional marqué par la libéralisation continue.

  • La diversification de l’offre télévisuelle

L’entrée en vigueur de la loi 77-03 a profondément  marqué l’espace audiovisuel national. La transformation de la Radio Télévision Marocaine en Société Nationale de Radiodiffusion et Télévision (SNRT), la consolidation de Soread 2M en tant que composante du pole public investit d’une mission de service public et l’émergence de plusieurs radios privées en sont autant d’exemples.

Actuellement, Soread 2M, Médi 1 TV ainsi que les dix chaines de télévision qui composent le bouquet de la SNRT, diffusent selon différents modes techniques : analogique ou numérique terrestre pour certains, satellitaire pour d’autres et également sur internet et Télévision Mobile Portable (TMP).

Cette diversification de l’offre devrait davantage s’étoffer par la création de nouvelles chaines, publiques,  privées,  nationales et régionales, thématiques ou généralistes.

Une réflexion sera menée dans ce sens et des études préalables seront réalisées pour le  lancement d’appels à manifestation d’intérêt en vue de la création de stations télévisuelles privées, bien que l’opération d’octroi de licences pour la création de chaines de télévision privées dépende de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle.

L’action du ministère dans ce cadre est commandée par plusieurs objectifs, notamment l’amélioration de l’audience du pôle public et la promotion de sa qualité, la préparation à l’abandon de l’hertzien au profit de l’offre de la TNT et le développement de l’industrie nationale comme secteur économique important.

Les nouveaux cahiers des charges du pôle audiovisuel public devront favoriser la diversification de l’offre télévisuelle et renforcer sa mission de service public.

  • La valorisation et l’accompagnement de la production audiovisuelle nationale

La libéralisation de la communication audiovisuelle, initiée en 2002, et la mise en place d’outils de régulation ont favorisé le développement de certaines activités liées à la production audiovisuelle.

L’éclosion de plusieurs chaines thématiques, et le recentrage des chaînes nationales sur le public marocain grâce à des productions audiovisuelles nationales, ont été des leviers pour encourager l’émergence de nombreuses sociétés de production.

Cependant, celles –ci doivent faire face à une très forte concurrence étrangère à très faible coût marginal.( il existe actuellement plus de 800 chaines de télévision sur le NileSat)

L’objectif du ministère est de permettre à ce secteur de contribuer dans une plus grande proportion au développement du PIB du pays, développer les compétences nationales (formation, encadrement …) et de disposer d’une industrie de production audiovisuelle nationale.

Le ministère projette de revoir à la hausse, dans les cahiers des charges des chaines de télévision publiques la programmation  de  la production audiovisuelle et cinématographique nationale, d’encourager les efforts de formation initiale et formation continue et d’appuyer l’organisation de la profession.

Dans un contexte régional marqué par une concurrence acharnée, le ministère table sur la promotion de la production audiovisuelle nationale pour améliorer la compétitivité du pôle public

  • Mieux intégrer la langue amazighe dans les médias publics

La chaine tamazight qui fait partie du bouquet de la SNRT, a été lancée en mars 2010. L’idée d’une telle chaine a germé à la suite des orientations Royales contenues dans le discours de Sa Majesté le Roi, le 17 octobre 2001 à Ajdir. La chaine traduit cette volonté de doter notre pays d’un moyen de communication moderne à même de valoriser l’amazighité à travers plusieurs composantes linguistique, culturelle, artistique et civilisationnelle.

A travers cette chaine, le ministère entend valoriser et promouvoir le rayonnement de la culture et de la langue amazigh en tant que partie intégrante de la culture et de la civilisation marocaine.

Parmi les projets de la chaine, la diversification des grilles des programmes, l’accroissement des heures de diffusion pour attendre les 24/24 et des programmes reflétant la culture amazigh. Mieux encore, le ministère entend améliorer la présence de cette langue dans l’ensemble des médias publics à travers les nouveaux cahiers des charges du pôle audiovisuel.

En renforçant la présence qualitative et quantitative de la langue amazighe dans les médias publics, le ministère de la Communication contribue fortement à la mise en œuvre de l’article 5 de la nouvelle Constitution qui prévoit l’officialisation de cette langue.

  • Une chaîne dédiée aux affaires parlementaires

Avec l’adoption de la nouvelle Constitution, le Maroc s’est engagé dans un processus de démocratisation qui tend vers le parachèvement de la transition démocratique en renforçant les prérogatives de l’institution parlementaire.

Le paysage audiovisuel national a connu depuis plus d’une décennie, une diversification remarquable en matière d’offre publique et privée. Cependant, l’image que reçoit le citoyen marocain des travaux de ses institutions représentatives reste réduite aux retransmissions des questions orales, assurés par « AL OULA », dans le cadre de ses obligations de service public, et généralement à quelques programmes conjoncturels dédiés à l’institution législative.

La « Chaîne des Affaires Parlementaires » est un concept de média audiovisuel d’un genre nouveau dans le paysage audiovisuel national. Elle se veut  un canal  d’information de proximité et de débat politique, une passerelle d’échange civique et un instrument de diffusion des valeurs de démocratie.

Pour concrétiser  ce projet le ministère proposera un projet de contrat entre l’Institution législative et la SNRT, et mettra en place,  après l’adoption du nouveau cahier des charges de la SNRT, une commission technique chargée de la mise en place de cette  chaîne.

Etant donné que la nouvelle Constitution accorde des prérogatives plus élargies à l’institution parlementaire, la chaine des affaires parlementaires veillera à mieux refléter son action pour le grand public.

  • La généralisation progressive de la mesure d’audience

Dans toute démocratie naissante, les médias audiovisuels jouent un rôle important dans la consolidation des acquis politiques et socio-économiques, et dans le renforcement du pluralisme culturel et linguistique. Dans ces conditions, la rationalisation de la gestion du paysage audiovisuel dans un esprit de diversité, de complémentarité et de transparence, passe par la mise en place d’un instrument de mesure d’audience.

La mise en place de cet instrument de mesure permettra d’identifier les attentes du public, de faire face à la concurrence étrangère, de rationnaliser les budgets consacrés à la publicité et de réagir, en temps réel, aux variations de l’audience.

Plusieurs actions ont été entreprises comme la création du CIAUMED en 2008, pour la mesure d’audience TV, et le CIRAD mis en place en 2012 et qui concerne toutes les radios publiques et privées.

Limité jusqu’à présent à quelques chaines de télévision, il est prévu  de  généraliser progressivement la mesure d’audience télévision  et d’élargir la participation au CIAUMED à tous les acteurs.

La promotion de la qualité des médias audiovisuels dépend, dans une large mesure, de l’identification des attentes du public à travers la mesure d’audience.

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