Le film égyptien « Un jour pour les femmes » de sa réalisatrice Kamla Abu Zekri a remporté, samedi16/09/2017  le Grand Prix « Ousmane Sembene » de la 20ème édition du Festival du cinéma africain de Khouribga (FCAK), placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.

« Un jour pour les femmes » est un focus sur la condition des femmes en Egypte actuelle, qui subissent des violences de toutes sortes.

Ce long métrage de 123 minutes raconte l’histoire de trois femmes, Laila la blessée, Chamiya l’amante et Azza la naïve. A chacune sa propre histoire qui représente une catégorie de la société égyptienne et décrit ses souffrances.

Ce film, qui appelle à l’émancipation des femmes, met l’accent sur un problème qui nuit à l’image de l’Égypte, à savoir le harcèlement sexuel, en montrant la frustration sexuelle d’une jeunesse perdue.

Le film sénégalais « Félicité » a valu à son réalisateur Alain Gomis le Prix spécial du jury, alors que les prix de la meilleure réalisation et du meilleur scénario ont été décernés au film mozambicain « Le train de sucre et de sel » de Licinio Azevedo.

Le Prix du 1er rôle masculin « Mohamed Bastaoui » a été attribué à Thabo Ramets pour son rôle dans le film Sud-africain « Kalushi », tandis que la comédienne Véro Tshanda Béya a remporté le prix du 1er rôle féminin pour son rôle dans le film « Félicité » .

Le Prix du 2ème rôle masculin est revenu à l’acteur rwandais Joel Krekezi pour son rôle dans le long-métrage « The black Belgian  » du réalisateur Jean Luc Habyarimana, et la comédienne burkinabaise Naky Sy Savané s’est vue attribuer le Prix du 2ème rôle féminin pour son rôle dans « Frontières  » du réalisatrice Appoline Traoré.

Concernant le Prix « Don Quichotte », décerné par la Fédération nationale des ciné-clubs au Maroc, qui comprend trois membres représentant 3 ciné-clubs marocains à savoir Bouchaib Jamoussi (Kénitra), Boujou Jilali (Mohammedia) et Benrachid Khalid (l’association du ciné-club de Khouribga), a été attribué au long métrage sénégalais  » Félicité » de Alain Gomis.

La cérémonie de clôture de la 20ème édition du FCAK a été marquée par un vibrant hommage à l’actrice marocaine Sanaâ Alaoui qui joue au niveau international en cinq langues (arabe, français, anglais, espagnol et allemand).

Le jury de la compétition officielle a été présidé par le poète et écrivain marocain Abdellatif Laâbi, qui a souligné que les films qui étaient en lice représentent une plongée dans les réalités, l’esprit et l’imaginaire du cinéma africain d’aujourd’hui.

Les films en compétition ont permis de dévoiler la richesse et la diversité du cinéma africain sur le plan technique et esthétique, les lacunes et les défis qui restent à relever, a-t-il précisé, notant que même s’il y avait une certaine divergence qui a donné lieu à des débats vifs, le jury a réussi à trouver un terrain d’entente autour de trois pôles d’excellence.

La compétition officielle de cette 20 ème édition, a connu la participation de 14 films. Il s’agit du « Children of Mountain » de la réalisatrice ghanéenne Priscilla Anany, « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis, « Frontières » de la burkinabée Apolline Traoré, « Good luck Algéria » de l’algérien Farid Bentoumi, « Hedi, un vent de liberté » du Tunisien Mohamed Ben Attia, « Un jour pour les femmes » de l’Egyptienne Kamla Abou Dikra, et « Kalushi » du Sud-africain Mandela Walter.

Ont pris également part à cette édition, « Organisation incontrôlable » du Béninois Arnold Aganssi, « Solim » du Togolais Steven Af, « L’orage africain » du Béninois Sylvestre Amoussou, « Le belge noir » du Rwandais Jean-Luc Habyarimana, « Le train de sel et de sucre » de la Mozambicaine Licinio Azevedo, « Wùlu » du Malien Daouda Coulibaly, et « Hayat » du Marocain Raouf Sebbahi.

Ce festival a été aussi un moment de débat et d’échange en plaçant la question de l’identité dans le cinéma africain et l’intégration culturelle au centre des colloques de la 20è édition.

L’un des moments forts de cette édition a été l’hommage rendu à la culture rwandaise. Surnommé le pays « des mille collines », le Rwanda est un pays ancré dans l’Afrique des Grands Lacs, où les langues, les chants, les récits transmis de bouche à oreilles et les danses au rythme envoûtant des percussions portent en eux l’héritage continuellement enrichi d’une culture millénaire ancestrale.

Créé en 1977, le Festival du cinéma africain de Khouribga est une fête annuelle qui célèbre le cinéma et rend hommage aux productions cinématographiques africaines. En somme c’est une invitation à un échange culturel d’une richesse hors pair.

MAP  17 Septembre 2017