Exemplaire, la coopération Maroc-Côte d’Ivoire ne cesse de se renforcer et de s’étendre à tous les registres. Dernière illustration en date : la « Semaine du cinéma marocain » qui a pris fin lundi 25/09/2017 à Abidjan et qui vient renseigner, derechef, sur une entente qui ne s’est jamais démentie au fil de l’histoire.

 Au-delà des projections et processions de films, ce rendez-vous culturel se veut un lieu de rencontre permettant aux cinéastes marocains de retrouver leurs pairs ivoiriens pour partager les expériences, échanger les vues et, pourquoi pas, ébaucher des coproductions qui, le cas échéant, donneraient toute la mesure de la profondeur des flux culturels maroco-ivoiriens.

De coproduction justement, le réalisateur marocain Daoud Aoulad-Syad relève que cette semaine du 7ème art a le mérite de proposer aux Ivoiriens une vue globale sur le cinéma marocain, à travers la vision artistique de chaque réalisateur, telle qu’il l’a conçue et mise en scène. Le spectateur et le professionnel ivoiriens ont été invités à déguster un menu cinématographique à la fois riche et varié, allant de la comédie au film d’auteur, en passant par le dramatique et autres genres du 7ème art, a déclaré à la MAP Daoud Aoulad-Syad, qui participe avec son film « La mosquée ».

C’est un très bon choix que d’opter pour une telle programmation qui agrège l’essence de la création cinématographique nationale et permet aux réalisateurs ivoiriens de se projeter déjà dans ce à quoi ressemblerait toute future collaboration, a-t-il estimé. Pour Daoud Aoulad-Syad, organiser des semaines de ce type revêt une importance toute particulière car « sauf deux ou trois grands festivals où les cinéastes africains peuvent se côtoyer, il n’y a pas grand-chose à citer », d’où l’importance, selon lui, de valoriser le bilatéral, créneau dans lequel le Maroc et la Côte d’Ivoire peuvent justement servir de modèle.

Un autre réalisateur marocain, Said Khallaf, est du même avis. Il a souligné, dans une déclaration similaire, que cette semaine est d’une extrême importance en ce qu’elle incube un échange très dense entre deux cultures et deux univers cinématographiques différents, en l’occurrence ceux du Maroc et de la Côte d’Ivoire. « J’ai personnellement trouvé une belle ambiance et une prédisposition naturelle chez nos amis ivoiriens à l’échange et à la collaboration », a confié le réalisateur de « A mile in my shoes », ajoutant que « nous sommes là pour apporter notre humble contribution à la politique de rapprochement et de coopération que le Maroc ne cesse de préconiser dans sa relation avec les Etats africains ».

 La même réflexion est avancée du côté ivoirien. Le directeur général de l’Office national du cinéma de Côte d’Ivoire (ONAC-CI), François Yao a, en effet, souligné dans une déclaration à la MAP que cette semaine est une autre déclinaison, et pas des moindres, des relations exemplaires entre le Maroc et la Côte d’Ivoire. Si le Maroc est fort présent économiquement en Côte d’Ivoire, là c’est au tour de la culture pour réaffirmer, encore une fois, la solidité qui a de tout temps façonné et singularisé les liens unissant les deux pays et peuples, a-t-il soutenu.

Dans ces liens culturels, le responsable ivoirien s’est particulièrement réjoui de la collaboration de plus en plus étroite avec le Centre cinématographique marocain (CCM) qu’il considère comme « l’une des structures les mieux organisées » en Afrique.

« La coopération avec le CCM est hautement bénéfique pour nous. Nous tenons à tirer profit de l’expérience cinématographique marocaine qui est venue jusqu’à chez nous », a-t-il dit. Même son de cloche du côté du directeur du cabinet du ministre de la Culture et de la Francophonie, Dembelé Fousséni qui a fait observer que l’organisation, en alternance, de semaines cinématographiques au Maroc et en Côte d’ivoire est une illustration on ne peut plus éloquent de la densité des liens culturels maroco-ivoiriens, à l’image d’ailleurs de l’exemplarité des relations diplomatiques et économiques  D’après lui, de tels événements permettent aux professionnels de chaque pays de découvrir le cinéma de l’autre, et cela ouvre de larges horizons de coopération entre les composantes des deux parties : réalisateurs, acteurs, producteurs, écoles de formation, entre autres.

« Nous attendons dans l’avenir que les acteurs marocains puissent jouer dans des films ivoiriens et vice-versa », a-t-il souhaité.  Autant dire que la culture, avec le nouvel élan qui lui est imprimé de part et d’autre, s’impose d’ores et déjà comme un pan fondamental des relations Maroc-Côte d’Ivoire. Elle en est, au demeurant, le corollaire naturel des excellents liens économiques et diplomatiques que les deux pays ont de tout temps entretenus.

MAP  26 Septembre 2017