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lundi 18 novembre 2019

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La coopération Sud-Sud demeure la voie la plus efficace pour protéger le patrimoine culturel africain

La coopération internationale et Sud-Sud demeure la voie la plus efficace pour protéger et promouvoir le patrimoine culturel africain, a indiqué, mercredi 18/04/2018  à Rabat, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj.

« La préservation du patrimoine culturel africain est une affaire complexe qui nécessite la conjugaison des efforts sur les plans théorique et pratique et ce à travers l’échange des expertises et des expériences internationales réussies en matière de préservation de la mémoire historique », a souligné M. Laaraj, dans une allocution lue en son nom à l’ouverture d’une conférence internationale sur la protection du patrimoine.

M. Laaraj a également, estimé, lors de cette rencontre organisée à l’occasion de la célébration de la journée internationale des monuments et des sites du patrimoine culturel mondial, que les politiques relatives au patrimoine ne peuvent aboutir que si elles mettent la culture au centre des priorités, mettant en exergue les efforts du Royaume pour renforcer la place de la culture à travers la consécration de la diversité culturelle et l’élaboration de nouvelles lois visant la protection des différentes composantes de notre identité nationale.

De son côté, la directrice général adjointe de l’Organisation islamique pour l’Education, les sciences et la culture (ISESCO), Amina Al Hajri, a souligné l’impératif pour la région arabe et africaine, face au fléau du terrorisme et du radicalisme, de renforcer leurs actions dans la préservation de leur patrimoine et d’intensifier les échanges en faveur du développement durable et de la préservation de l’identité.

« Aujourd’hui, nous avons besoin, plus que jamais, d’adopter une approche qui permet de susciter une interaction entre le citoyen et son environnement culturel à même de l’encourager à visiter les musées et les expositions, ainsi que de l’impliquer dans la protection et la valorisation de son patrimoine », a-t-elle indiqué, appelant à la nécessité d’intensifier ce type d’activités sur le terrain et de consolider les actions de sensibilisation dans le domaine.

En outre, Mme Al Hajri a mis en avant l’importance de cette rencontre qui se veut l’occasion de sensibiliser sur la nécessité de s’orienter vers des approches participatives et inclusives en matière de gouvernance du patrimoine culturel en Afrique, tout en impliquant davantage les collectivités territoriales africaines en vue d’une meilleure protection, valorisation et promotion du patrimoine culturel dans leen Afrique.

Après avoir mis en avant la dynamique forte et évolutive et les potentiels patrimoniaux (naturel, architectural et historique) dont dispose la ville de Rabat, le président du Conseil communal, Mohamed Saddiki, quant à lui, indiqué que la capitale est en passe de devenir une ville aux normes internationales par la diffusion d’un urbanisme libéral, générique et innovant (nouveau théâtre, Tour Wessal, Musée national de l’archéologie et des sciences de la terre, etc.) grâce à la contribution de certains architectes contemporains d’une grande renommée sur la scène internationale.

« A ces différentes actions, vient s’adosser un programme culturel qui se traduit par la mise en valeur et la sauvegarde du patrimoine culturel, comme les remparts Almohades et Mérinides ou les grands sites historiques de la ville, tels que les Oudayas, la Tour Hassan et Chellah, outre la réhabilitation de l’ancienne médina », a-t-il ajouté.

Il a, également précisé que tout l’héritage légué à la ville durant la période de 1912 à 1956, représente un patrimoine architectural colonial multiple et extrêmement important, ce qui a mis en exergue l’originalité de son classement par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour la 1ere fois.

Pour sa part, le président du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS-Maroc), Abdelati Lahlou, a souligné que le patrimoine doit être vu dans sa dynamique et non comme un héritage figé, afin d’assurer sa transmission aux générations futures et assurer sa durabilité.

Il a, également, mis l’accent sur la nécessité de fournir davantage d’efforts pour réhabiliter les patrimoines matériel et immatériel, « en se réconciliant avec le passé », afin de développer et d’apporter un nouveau souffle à ces patrimoines ».

Le spécialiste de programme pour la culture, relevant du Bureau de l’UNESCO à Rabat, Karim El Hendili, a, de son côté, attiré l’attention sur les menaces auxquelles fait face le patrimoine dans le monde, et liées notamment au conflit et à sa destruction intentionnelle pour des raisons idéologiques.

« La sauvegarde du patrimoine, souvent affectée de façon irréversible, est actuellement fondamentale et constitue une responsabilité partagée par tous d’où l’importance de la mobilisation de la communauté internationale et de la mise en place du programme de prévention de l’extrémisme violent relevant du système des Nations Unies et auquel la plupart des pays adhèrent et soutiennent », a-t-il précisé.

Cette rencontre, initiée par l’ICOMOS, en partenariat avec le ministère, l’organisation Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU-Afrique) et l’ISESCO, a été l’occasion de sensibiliser les différentes parties prenantes sur l’importance du patrimoine culturel de l’Afrique au niveau local et sur les défis et menaces auxquels il est confronté, de susciter un cadre d’échange entre les différents acteurs impliqués dans sa gouvernance et sa gestion et de réfléchir et échanger sur une feuille de route africaine pour une meilleure protection et promotion de ce patrimoine.

Au programme de cette manifestation culturelle organisée sous le thème « Protéger le patrimoine culturel par une gouvernance participative et inclusive pour la réalisation des Objectifs du Développement Durable », figurent des sessions thématiques autour des « risques humains et naturels qui menacent le patrimoine architectural des villes marocaines », « l’implication des communautés locales dans la protection, la gestion et la valorisation des sites et monuments en Afrique », et les enjeux et défis de la protection, de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine culturel pour le développement durable », entre autres.

MAP 18  Avril 2018

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19 avril 2018 806 Vues