Le cinéma constitue un volet crucial de la culture marocaine et un acteur majeur de mise en valeur des territoires et du patrimoine culturel régional, ont souligné, dimanche 05/03/2017 à Tanger, des experts, professionnels du cinéma et des élus.
« Le tournage dans toute région permettra non seulement à la faire connaître sur le plan touristique, mais aussi à faire valoir son potentiel culturel en lui donnant aussi la possibilité d’intervenir dans la structuration du secteur cinématographique et audiovisuel local », ont-t-il indiqué lors d’une table ronde sous le thème « le cinéma et la région », initiée par la Chambre nationale des producteurs de films, dans le cadre de la 18ème édition du Festival national du film de Tanger (FNF).

Ils ont ainsi appelé les présidents des régions à élaborer une stratégie capable de mettre en oeuvre concrètement toute coopération dans le domaine cinématographique, qui sera bénéfique de part et d’autre.

Intervenant à cette occasion, le président de la Chambre nationale des producteurs de films, Mohammed Abderrahmane Tazi, a souligné que la scène cinématographique nationale souffre de la problématique de fermeture de salles de cinéma, dont le nombre est passé de 250 salles avec 45 millions de spectateurs en 1980 à seulement 48 salles et environ 2 millions de spectateurs en 2016, ce qui nécessite de prendre des mesures urgentes et concrètes à même de promouvoir la visibilité du secteur et de reconquérir le public.

Il s’agit, selon lui, de sensibiliser les spectateurs au langage cinématographique et au rôle du cinéma en tant que volet crucial de la culture et d’inciter les professionnels et les présidents des régions à investir dans le secteur cinématographique et ce en vue de contribuer au développement local et à la promotion des domaines culturel, touristique, économique et social.

Dans ce contexte, M. Tazi a estimé que les collectivités territoriales sont appelées à soutenir la production cinématographique et audiovisuelle nationale, à travers notamment le rachat ou la location de salles de cinéma fermées et les donner à des professionnels pour l’exploitation, via des appels d’offres, et ce en vue de relancer le domaine cinématographique.

« Il est temps que les régions se lancent dans cette politique d’aide susceptible de mettre en valeur leurs territoires et leur patrimoine culturel régional, à travers le cinéma et l’audiovisuel », a-t-il poursuivi.

Pour sa part, le cinéaste et producteur, Latif Lahlou, a souligné que le cinéma constitue une partie indissociable de la culture marocaine, un acteur majeur de cohésion sociale et un facteur essentiel pour la promotion du développement socio-économique et culturel aux niveaux régional et national, appelant à mettre en oeuvre des mesures financières et législatives concrètes visant à renforcer la viabilité de la production cinématographique et à doter le secteur de moyens humains et techniques nécessaires.

« Le partenariat entre la région et le secteur du cinéma est devenu aujourd’hui une nécessité incontournable en vue de répondre aux attentes d’un public assoiffé du 7ème art et de faire valoir les potentiels de la région », a-t-il insisté.

De son côté, le président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Ilyas El Omari, a mis en avant le rôle que joue le cinéma, un volet essentiel de la régionalisation avancée, dans la croissance, le développement, le changement social et la consécration de l’identité marocaine et des valeurs universelles de coexistence, de dialogue, de tolérance et du respect de l’autre dans sa différence, notant que l’investissement dans ce domaine aura des impacts importants sur les secteurs culturel, touristique et économique.

Il à, à cet égard, appelé les professionnels à élaborer une étude sur les besoins et les solutions nécessaires pour promouvoir la production cinématographique régionale, qui sera financée par la région, en vue d’ériger la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima en « pilote du cinéma » au niveau national.

Quant au vice-président de la Chambre marocaine des producteurs de films, Jamal Souissi, il a estimé que la région du Nord est appelée à accorder une place de choix à l’industrie cinématographique à l’instar de l’industrie automobile, aéronautique et de textile, à travers l’organisation de résidences d’écriture et le financement de projets cinématographiques visant à mettre en avant les potentiels naturels et économiques de la région, notant qu' »on ne peut parler de région sans cinéma ».

Pour sa part, le critique de cinéma, Driss El Korri, a estimé que le cinéma a un rôle fondamental dans la promotion de la croissance économique, la création d’emplois, l’édification d’une société moderne, la consécration des valeurs humaines et de la pluralité et la défense des constantes nationales, mettant l’accent sur la nécessité de mettre en place une stratégie nationale visant à doter le secteur cinématographique d’une visibilité structurelle et globale.

Placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, le festival, une vitrine du 7ème art sous toutes ses facettes, vise à mettre en valeur la production cinématographique marocaine et à promouvoir l’échange entre les professionnels et les amateurs du cinéma.

Un total de 30 films signés par des réalisateurs marocains de différentes générations seront projetés, jusqu’au 11 mars, dans le cadre des deux sections de la compétition officielle (courts et longs métrages) de ce festival, organisé par le CCM en collaboration avec les Chambres professionnelles du secteur.

MAP  05 Mars 2017