Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) vient d’adresser un avertissement à la Société Audiovisuelle Internationale éditrice de l’émission « Maa Al Mohallil » (avec l’analyste) de « MED Radio », pour « les propos à connotation péjorative et dégradante » tenus par l’invité de l’émission à l’encontre de « l’un des manifestants dans les événements qui se sont produits dans certaines régions du Royaume ».

Dans le cadre des missions de suivi régulier des programmes des services audiovisuels, la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) a relevé un ensemble d’observations concernant l’édition du 27 mai 2017 de l’émission « Maa Al Mohallil » diffusée par le service radiophonique « MED Radio » édité par la « Société Audiovisuelle Internationale », qui concernait les événements qui ont eu lieu récemment dans certaines régions du Royaume et ce, à travers l’utilisation par l’invité permanent de l’émission « de propos à connotation péjorative et dégradante pour la dignité humaine », relève-t-on dans une décision émise par le CSCA, instance délibérante de la (HACA).

« (…) l’invité de l’émission a tenu des propos à connotation péjorative et dégradante pour la dignité humaine, même si ceux-ci n’ont pas concerné une personne nommément désignée, mais qui, vu leurs contextes, permettent de les relier clairement et directement à l’un des manifestants dans les événements qui se sont produits dans certaines régions du Royaume, et ce, sans l’intervention de l’animateur de l’émission conformément à l’obligation de maîtrise d’antenne, ce qui rend l’édition de l’émission précitée en non-conformité avec les dispositions légales et réglementaires en vigueur », précise-t-on dans la décision 18-17 du CSCA.

L’émission « Maa Al Mohallil » a contenu, dans l’ensemble, des déclarations ayant considéré le suspect comme étant l’auteur des faits qui lui ont été reprochés et ce, sans laisser de distance ou de marge d’incertitude ou de supposition, notamment, à travers l’utilisation de ce genre de propos, ce qui met l’opérateur en non-conformité avec ses obligations relatives au respect de la présomption d’innocence et ce, par le fait de trancher la culpabilité du suspect, quant aux faits qui lui sont reprochés et sa présentation en tant que tel au public, malgré le fait que la cause soit encore en cours de jugement, ajoute-t-on de même source.

Le CSCA considère ainsi que la Société Audiovisuelle Internationale a enfreint les dispositions légales et réglementaires en vigueur et décide en conséquence de lui adresser un avertissement. Il ordonne également à la Société en question de diffuser, au début de l’édition de l’émission « Maa Al Mohallil » qui suivra la notification qui lui sera faite de cette décision, la lecture du texte d’avertissement qui lui a été adressé.

La même source rappelle que la HACA a reçu en date du 23 Juin 2017 une lettre de la Société Audiovisuelle Internationale exposant un ensemble d’explications eu égard aux observations relevées, suite à la lettre d’explication que le CSCA a adressé à la Société à ce sujet.

(MAP) 23/07/2017

 

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