Des journalistes, écrivains et experts indiens ont salué les mutations politiques, économiques, sociales et culturelles que le Maroc a connues au cours des dernières années, louant au passage une « évolution sans égale » dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).

Des intervenants des mondes de la presse et de la culture en Inde, dont certains se sont rendus récemment au Maroc, ont indiqué que le Royaume peut se targuer d’avoir mené un processus de développement durable qui a fait ses preuves, à la faveur d’une sage conduite, de ressources humaines et naturelles considérables outre la paix et la stabilité dont jouit le pays.

Ils ont, à titre particulier, salué les réformes constitutionnelles lancées par SM le Roi Mohammed VI en 2011, lesquelles ont « porté sur l’élargissement des prérogatives du parlement et des régions, la séparation des pouvoirs, le renforcement de l’indépendance de la Justice, la préservation de l’identité marocaine et des constantes nationales, ainsi que l’adoption de garanties immunisant les droits de l’Homme ».

Aussi ont-ils souligné que le Maroc a navigué sans encombre durant la période du « printemps arabe », se mettant à l’abri des chambardements qui ont balloté plusieurs pays arabes, un état de fait « rendu possible grâce à la vision éclairée du Souverain qui a été à l’écoute des aspirations de Son peuple ».

Revenant sur sa visite au Maroc, Tarun Basu, journaliste et directeur de l’agence de presse indienne « Indo-Asian News Service » (IANS), a dit que ce déplacement lui a permis de connaître un pays ayant réussi à entretenir un dosage savant entre préservation des traditions séculaires et une appétence pour la modernisation et l’intégration du concert des pays développés.

Au fil de son séjour, M. Basu a retenu comment le Maroc, un pays qui vit au rythme d’une dynamique politique, économique et sociale, peut servir de modèle pertinent pour l’Inde dans sa quête de nouveaux horizons économiques et de marchés émergents, notamment en Afrique.

D’après lui, le Maroc a lancé, durant la dernière décade, plusieurs mégaprojets visant à mettre ses infrastructures en conformité avec les standards internationaux, citant à titre d’illustration le port Tanger Med, « la plus grande structure portuaire du pourtour méditerranéen et en Afrique », auquel s’ajoutent un réseau routier et autoroutier moderne, des aéroports internationaux, des projets ferroviaires,des zones industrielles et des zones franches intégrées.

Il a noté que le Maroc, qui, au plan économique, avance plus rapidement que ses partenaires traditionnels en Afrique, évite de s’engouffrer dans « les politiques rétrogrades qu’affectionnent ses voisins » et s’oriente vers l’établissement de liens commerciaux et de partenariats stratégiques avec les pays émergents en Asie et en Amérique latine.

Et de rappeler que le Royaume, qui jouit d’un statut avancé auprès de l’Union européenne, est le seul pays africain à signer un accord de libre-échange avec les Etats-Unis d’Amérique, lequel vient s’ajouter aux accords liant le Maroc à 22 Etats africains.

De son côté, le journaliste Gulshan Luthra, qui a revisité le Maroc 20 après, a dit avoir constaté « une grande évolution en termes de développement ».

Dans une chronique publiée au célèbre magazine « India Strategic », dans son édition d’août, le journaliste indien a écrit que « le Maroc a fait le choix judicieux de focaliser ses efforts sur l’amélioration des infrastructures », soulignant que SM le Roi Mohammed VI a, depuis son intronisation, saisi que nulle avancée n’est possible sans des routes décentes et un approvisionnement stable en énergie.

Dans cette optique, environ 20 milliards de dollars sont investis annuellement dans la mise à niveau des infrastructures, a fait observer M. Luthra, notant qu’à l’horizon 2020, le Maroc devrait couvrir 42 pc de ses besoins grâce aux énergies renouvelables.

« Ce qui m’a agréablement surpris, c’était de voir le Maroc s’ériger en un centre industriel pour l’Europe, à travers la production des voitures et des pièces de rechange pour les constructeurs européens et américains » a-t-il relevé.

Déclinant les potentialités dont regorge le Royaume, il a indiqué que le Maroc a mis en place, depuis quelques années, une zone franche à proximité de Casablanca qui compte, à l’heure qu’il est, sept sociétés du groupe Safran et d’autres mastodontes de l’industrie, tels Boeing, Airbus, Bombardier, Zodiac Aerospace, entre autres.

Concernant la lutte contre l’extrémisme, le journaliste indien Rudronel Gush a mis l’accent sur les réformes adoptées par le Maroc dans le champ religieux, une démarche qui lui a permis d’enrayer ce fléau sociétal et de promouvoir un Islam de juste milieu.

A ce propos, a-t-il étayé, le Maroc s’est penché sur la formation d’imams provenant des pays amis qui, au terme de leur formation, portent vers leurs pays d’origine des messages faisant valoir les valeurs d’ouverture et de modération dans le culte religieux sans pour autant s’écarter de la quintessence de l’Islam.

Soulignant que le paradigme sécuritaire, à lui seul, n’est guère suffisant pour venir à bout de l’extrémisme, il a indiqué que le Maroc a réussi à établir une pondération judicieuse entre, d’un côté, des réformes religieuses importantes et, de l’autre, des efforts soutenus visant le démantèlement des cellules terroristes, où qu’elles se trouvent. Une approche, a soutenu le journaliste, qui a valu au Maroc une reconnaissance internationale.

Autre domaine, autre témoignage. L’écrivain indien Dhritabrata Bhattacharjya Tato a mis en avant l’intérêt particulier qu’accorde le Maroc au soufisme et à la musique sacrée, considérant que le Festival de Fès des musiques sacrées du monde fait figure de la manifestation la plus attractive du monde soufi.

La posture attractive de ce festival procède du fait qu’il se tient dans un pays qui a, au fil de l’histoire, représenté un espace culturel ouvert et libéral, a analysé M. Tato dans son livre « Le Soufisme : l’esprit et l’essence ».

Ce festival doit également sa renommée au Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, a ajouté l’écrivain indien, également chercheur et traducteur s’intéressant aux domaines de l’art, de la culture et de la théologie, soutenant que cette sollicitude royale entend, en substance, la promotion d’un espace de dialogue interreligieux.