Le projet de loi organique relative à la définition des étapes de mise en œuvre du caractère officiel de l’Amazigh et des moyens à même de l’intégrer dans l’enseignement et dans d’autres domaines de la vie publique, était au centre d’une journée d’étude organisée, mercredi à Rabat, par la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants.

Lors de cette rencontre, tenue en collaboration avec le ministère de la Culture et de la Communication, le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki a indiqué que le Maroc actuel, État et société, attend le jour où sera mise en œuvre cette loi organique inspirée dans ses dimensions culturelles, sociales et linguistiques, des dispositions de la Constitution du Royaume, et du grand héritage amazighe marocain.

Il a rappelé les efforts déployés par le Royaume pour promouvoir la langue amazighe à la lumière du Discours Royal d’Ajdir, le 17 octobre 2001, qui s’inscrit dans le cadre des initiatives et de grands chantiers de réforme lancé par SM le Roi Mohammed VI, visant à redonner à la langue et la culture amazighe la place qui lui échoit.

Pour sa part, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj a fait savoir que cette journée constitue une nouvelle occasion pour approfondir le débat sur ce projet national, ainsi que d’émettre des recommandations visant à aboutir à un consensus à la hauteur des attentes.

Objet d’une étroite consultation et d’une étude approfondie, ce projet sera une étape majeure en matière de gestion de la diversité caractérisant le Maroc, par la mise en place de règles protégeant la dignité et les droits de toutes les composantes du peuple marocain, a précisé M. Laaraj.

De son côté, le président de la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, Mohamed Mellal a fait remarquer que la constitutionnalisation de la langue amazighe s’est réalisée à la faveur « de la volonté royale visant à asseoir et consacrer le riche multiculturalisme marocain, ainsi que les aspirations de la société et ses expressions politiques, civiles et culturelles ». Le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Driss El Yazami, quant à lui, a souligné dans une allocution prononcée en son nom, que le processus de mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique est tributaire d’une loi organique et non pas d’une institution précise, ajoutant que l’état, à travers cette loi, vise à développer l’Amazighe et le promouvoir en tant que patrimoine commun à tous les marocains sans exception, de manière à ce qu’elle puisse mener à bien sa fonction en tant que langue officielle à l’instar de l’arabe.

Le secrétaire général du Conseil du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. M. Abdellatif El Moudni, a noté à cet égard que le projet de la loi organique consacre les choix démocratiques, les valeurs de la réconciliation avec soi-même et les droits d’homme en vue de construire une société complète et réussir la réforme du système éducatif. De son côté, le doyen de l’Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM), Ahmed Boukous a présenté des observations générales sur cette loi organique, ainsi que les bases proposées par l’institut dans ce cadre, tout en attirant l’attention sur le principe de l’égalité entre les deux langues arabe et amazighe, l’institutionnalisation et la protection de la langue et la culture amazighes, ainsi que l’application effective des dispositions de ladite loi.

Au programme de cette manifestation figurait plusieurs interventions autour, notamment, de l’officialisation de la langue amazighe, la lecture critique de cette loi organique, ainsi que la gestion institutionnelle et la gouvernance dans les lois organiques liées à l’officialisation de cette langue.

MAP – 20/07/2017

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