L’inscription de la « khettara » sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO nécessitant une sauvegarde urgente, a été au centre d’une rencontre de concertation tenue mardi à Errachidia.
Cette rencontre, initiée par le ministère de la Culture et de la Communication (département de la Culture) et la Fondation « Miftah Assaâd pour le capital immatériel du Maroc », intervient dans le cadre de la préparation par le ministère, en sa qualité d’unique interlocuteur officiel de l’UNESCO, en coopération avec ladite fondation, du dossier de candidature sur « les savoirs et savoir-faire traditionnels liés aux khettaras » en prévision de leur inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’agence onusienne, dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO de 2003 relative à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, que le Maroc a ratifiée en 2006.

Dans un mot prononcé en son nom par le directeur du patrimoine culturel au ministère, Youssef Khyara, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed El Aaraj a affirmé que son département accorde un grand intérêt au patrimoine culturel national dans ses manifestations aussi bien matérielles qu’immatérielles, vu l’importance capitale qu’il représente pour l’identité marocaine et en tant que miroir de la civilisation séculaire du Royaume profondément ancrée dans l’histoire, ajoutant que plusieurs dossiers de candidature pour l’inscription de certains éléments culturels sur la liste de l’UNESCO sont en cours d’élaboration à travers l’ouverture sur tous les intervenants, notamment la société civile qui joue dorénavant un rôle central dans la promotion du patrimoine culturel.

Il a, en outre, salué l’idée présentée par la fondation « Miftah Assaâd pour le capital immatériel du Maroc » pour la préparation du dossier de candidature portant sur les « khettaras » en vue de leur inscription sur la liste du patrimoine de l’UNESCO, rappelant qu’une série de réunions et de rencontres ont été tenues avec les membres de la fondation en vue d’examiner les détails de ce projet et les moyens susceptibles de garantir sa réalisation et sa concrétisation.

Notant que les « khettaras » représentent un des modes uniques d’adaptation de l’Homme à son environnement écologique, à travers le drainage des eaux souterraines en ayant recours à un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération, le ministre a insisté que les spécificités patrimoniales de ces ouvrages hydrauliques ainsi que leur portée culturelle et civilisationnelle les prédisposent à être inscrits sur les listes du patrimoine de l’Humanité.

De son côté, le wali de la région de Drâa-Tafilalet, gouverneur de la province d’Errachidia, Yahdih Bouchaab, a souligné l’importance de cette rencontre en vue de faire réussir le projet d’inscription des « khettaras » sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, ce qui permettra de donner un nouvel élan à la région qui attire beaucoup de chercheurs, de touristes et d’acteurs intéressés par ce domaine.

Relevant que cette réunion constitue une occasion pour sensibiliser sur la question de la pénurie d’eau et la nécessité de préservation de cette denrée vitale, M. Bouchaab a loué le travail mené par la fondation « Miftah Assaâd » en coordination avec le ministère de la Culture et de la Communication et les élus locaux en vue de faire des « khettaras » un patrimoine de l’Humanité reconnu mondialement et inscrit sur les listes de l’UNESCO.

Et de poursuivre que la présence de ces « khettaras » démontre le leadership du Maroc en matière de préservation de l’environnement et des ressources en eau, surtout que les ancêtres ont veillé à la conservation et au stockage des eaux par le biais de ces systèmes hydrauliques.

Pour sa part, la présidente de la fondation « Miftah Assaâd pour le capital immatériel du Maroc », Lalla Badr Saoud Alaoui, a indiqué que cette rencontre traduit le succès remarquable de la collaboration escomptée entre les secteurs public, semi-public et privé, les élus et la société civile, en vue d’inscrire ce système d’irrigation ancestral sur la liste du patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO.

Elle a salué l’action des responsables des secteurs vitaux ainsi que leur enthousiasme, encouragement et financement de cette noble initiative susceptible de redonner vie, à partir d’Errachidia, à cet important élément du patrimoine ancestral du Royaume, se félicitant de la formidable interaction des fils de la région avec cette initiative.

Elle a, en outre, rappelé le lancement par feu SM Hassan II de l’épopée d’irrigation d’un million de hectares qui a eu une grande incidence sur la réalisation de la sécurité alimentaire au Maroc, ajoutant que cette vision s’est développée sous le règne de SM le Roi Mohammed VI, puisque l’importance de l’eau et de sa protection est devenue au centre d’une stratégie globale, dont les contours ont été réaffirmés dans le discours Royal prononcé à l’occasion du 15ème anniversaire de l’accession de SM le Roi au Trône de Ses glorieux ancêtres et dans lequel le Souverain a appelé à accorder un grand intérêt au patrimoine matériel et immatériel en tant que levier du développement durable.

Quant au vice-président de la région, Abdellah Sghiri, il a souligné que les « khettaras » ne constituent pas seulement un système d’irrigation mais également l’un des monuments qui témoignent du génie de l’Homme des oasis, saluant les efforts menés par les autorités et les différents intervenants pour assurer la continuité de l’usage des « khettaras », à travers les travaux de restauration et de modernisation de leur système d’irrigation.

Et de conclure que ces efforts ont permis la préservation de ce patrimoine culturel qui a su résister pendant des siècles, tout en plaidant pour la sauvegarde des « khettaras » qui représentent l’un des aspects du mode de vie de l’Homme dans les oasis.

Cette rencontre a été ponctuée par la projection d’un film documentaire sur les « khettaras », réalisée par la fondation « Miftah Assaâd », et qui relate de nombreuses initiatives lancées par la fondation et les efforts qu’elle déploie au service du patrimoine immatériel du Royaume.

MAP 24 Avril 2019