Les mesures visant à créer les conditions favorables à l’intégration de l’amazigh dans les différents domaines de la vie publique se poursuivent toujours, a souligné, jeudi à Rabat, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj.
Dans une allocution prononcée lors d’une conférence organisée par l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) sous le thème « Les manifestations de la culture amazighe dans la créativité et les arts au Maroc », le ministre a relevé qu’au cours des derniers mois, l’enseignement de l’amazigh a été introduit dans des instituts d’enseignement supérieur, dont deux relevant du département de la Culture, à savoir l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine et l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle.

Le ministre a énuméré d’autres mesures adoptées, y compris l’annonce qui a été faite, cette année, de la création d’une catégorie dédiée à l’amazigh dans le cadre du prix du Maroc du livre, et ce en présence du Chef de gouvernement.

M. Laaraj a estimé qu’il convient de réserver un traitement préférentiel à l’amazigh dans le cadre de ce prix, du fait que cette langue, dont le chantier de standardisation et d’officialisation est récent, se trouve en concurrence avec d’autres langues jouissant d’une longue accumulation historique.

Il a également noté la création d’une version amazighe du portail électronique du ministère, et qui a été inaugurée en présence du Chef de gouvernement à l’occasion de la célébration de l’ouverture de l’année culturelle, le 12 octobre dernier.

M. Laaraj a conclu que ces mesures se poursuivront avec davantage de profondeur et de généralisation après la publication des textes organiques à même de renforcer la grande mise en place de la dynamique réelle imprégnée à l’amazigh depuis le discours royal d’Ajdir.

Pour sa part, le recteur de l’IRCAM, Ahmed Boukous, a déclaré que cette conférence vise à s’attarder sur la question des influences culturelles de la langue amazighe sur la production littéraire et culturelle arabe, que ce soit celle rédigée en dialecte marocain ou en arabe classique.

Cette question renvoie à certaines considérations d’ordre théorique, a-t-il dit, citant à cet égard la sociologie critique de Pierre Bourdieu, qui démontre que les cultures et les langues entretiennent des relations d’échange et d’enrichissement, mais aussi de rivalité et de domination.

Au niveau méthodologique, M. Boukous a estimé que le chercheur est appelé à mener des enquêtes sur le terrain afin d’approcher le contexte social dans lequel opère les auteurs des expressions culturelles.

Le programme de cette conférence de deux jours (7-8 décembre) comprend quatre sessions portant, entre autres, sur « L’amazighité et le cinéma: horizon esthétique et dimension symbolique », « La mise en valeur de l’architecture ancienne dans l’art et le bâti actuel », « Le patrimoine amazigh comme référence du théâtre marocain » et « Réflexions sur la culture amazighe ».

MAP  09 Décembre 2017

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