Le projet de mise en place d’un système d’incitation financière destiné à attirer plus de productions étrangères au Maroc, qui a été présenté vendredi 04/08/2017 à Rabat, est de nature à tripler les investissements étranger dans ce domaine, a indiqué le directeur général du Centre cinématographique marocain (CCM), Sarim Fassi Fihri.
Intervenant lors d’une conférence de presse au CCM, M. Fassi Fihri a mis en exergue les retombées notables de ce projet sur la création de l’emploi, en particulier dans la région de Drâa-Tafilalet où le cinéma étranger est la principale source des opportunités de travail pour la population locale.

Dans ce sens, le ministère de la Communication avait conclu un accord avec la direction du budget du ministère de l’Economie pour mettre en place ce projet d’incitation financière qui tient en compte les expériences de différents pays, a rappelé le directeur général du CCM, ajoutant que la direction du budget a accepté d’octroyer 100 millions de Dirhams dans le cadre de la loi de Finances 2016.

Concernant l’investissement étranger dans la production cinématographique au titre de l’année 2016, le Maroc a généré plus de 320 millions de dhs, a-t-il relevé, notant que le Maroc, depuis 1919, attire les productions étrangères grâce à ses attraits (lumière, variété des sites, proximité avec l’Europe…).

Il a, à cet égard, fait remarquer que depuis 1997 le Royaume n’offre qu’une seule mesure incitative, à savoir l’exonération de la TVA de tous les biens et services acquis par les sociétés de production étrangères, précisant que, face à la concurrence mondiale, cette incitation n’est plus suffisante en 2016 pour attirer davantage de productions étrangères..

A ce propos, il a fait savoir qu’en 2015, le nombre de longs métrages produits dans le monde se situe aux alentours de 6.300 réalisés pour un budget global estimé à 330 milliards de dirhams, notant qu’en 2014 le budget investi au Maroc par les producteurs étrangers ne dépasse pas les 0,415 milliards de dirhams, soit seulement 0,13% du budget mondial.

Les organisateurs de la conférence ont, par ailleurs, indiqué dans une note de présentation que le choix du Maroc comme destination de tournage est d’ordre artistique imposé par le scénario du film, ce qui implique que le Royaume accueille uniquement le tournage des scènes qui ne peuvent être tournées ailleurs qu’au Maroc.

Le document cite l’exemple du film « American Sniper » de Clint Eastwood qui a été tourné pour deux semaines en 2014 en partie au Maroc, alors que l’histoire se passe à Bagdad, faisant savoir que des rues entières ont été reconstruites en Californie afin de bénéficier de 5 millions de Dollars d’incitations fiscales locales.

Paradoxalement, relève la même source, le plus gros concurrent du Maroc pour les productions US est le Royaume Uni, où les incitations fiscales poussent les producteurs américains qui tournent au Maroc à y faire leur base arrière et à utiliser les moyens techniques et humains britanniques au Maroc afin de bénéficier des avantages britanniques.

Le document indique également que le Maroc n’est sollicité que pour ce qui ne peut être importé du Royaume Uni (hôtellerie, figuration, transports locaux) ou pour les scènes qui ne peuvent pas être tournées au Royaume Uni, à l’exemple de Mission Impossible 5 et le dernier film de James Bonde, Spectre.

Pour être compétitif, le Maroc se voit donc obligé de mettre en place un système d’incitation financière qui tient en compte les expériences de différents pays, mais aussi qui soit propre au Maroc, souligne la note présentation, ajoutant que les clients traditionnels au Maroc, notamment les Etats Unis et le Royaume Uni, dépensent respectivement 62% et 10% du budget mondial en production de longs métrages.

MAP  5 Août 2017

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