Les groupes de la majorité à la Chambre des représentants ont organisés, le mardi 29 déc 2015 à Rabat, une journée d’étude sous le thème « quelles perspectives pour l’amendement de la loi n 03-77 relative à la communication audiovisuelle ».

Lors de cette rencontre, les intervenants ont souligné que le développement du secteur de la communication audiovisuelle dans un cadre organisé et transparent qui accompagne l’ouverture que connait la société, est devenu une nécessité dictée par les différents changements et les mutations rapides que traverse ce secteur.

Dans ce sens, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha Khalfi, a relevé que l’évolution technologique à l’ère du numérique, que ce soit en matière de diffusion ou de production, l’accès à l’information électronique et le recours aux réseaux sociaux, ainsi que le suivi des développements constitutionnels, imposent l’amendement de cette loi, en vue de permettre au secteur de relever les défis de la mondialisation de l’information, et aussi pour l’amélioration des mécanismes du pluralisme linguistique, culturel et politique, de la déontologie, et de la valorisation du système des valeurs.
Il a considéré que les cahiers de charges, mis en œuvre en 2012, ont permis de donner « des résultats positifs », en matière notamment d’élargissement de l’offre de l’information, de la consolidation du débat politique, de gouvernance et d’adoption du principe des appels d’offres et de renforcement de la production nationale.

De son côté, le coordinateur des groupes de la majorité à la Chambre des représentants (président du groupe du RNI), Ouadia Ben Abdellah, a affirmé que l’amendement de la loi sur l’audiovisuel en vue d’accompagner les changements que traverse le monde constitue une des bases de la réforme globale que connait le Royaume, eu égard à son rôle dans la consécration des valeurs de la liberté, du pluralisme, de la modernité et d’ouverture, et du respect des droits de l’homme et de préservation de sa dignité.
Le lancement de plusieurs chaines de télévision et de stations radios, parallèlement avec la fin du monopole de l’Etat dans ce secteur, la création de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) et l’élaboration de la loi relative à la communication audiovisuelle sont autant de réalisations à saluer du fait qu’elles constituent un jalon dans la processus de réformes entreprises au Maroc depuis 2002, a-t-il ajouté, plaidant pour la mise en œuvre d’une nouvelle génération de réformes dont l’amendement de la loi actuelle sur la communication audiovisuelle.

De son côté, le directeur de l’ISMAC, a évoqué certaines lacunes de la loi actuelle sur la communication audiovisuelle, notant que ce texte était dicté par l’urgence de disposer d’un cadre juridique qui soit en phase avec le développement que connait le champ médiatique.
Actuellement, a-t-il fait remarquer, cette loi est devenue incapable d’accompagner les défis des médias numériques et du développement des technologies de diffusion et de l’utilisation à grande échelle de l’Internet, soulignant que ceci nécessite impérativement l’amendement de cette loi.
Pour sa part, Abdelwahab Rami, professeur à l’ ISIC, a énuméré les « défaillances » qu’il faut revoir dans cette nouvelle loi, afin d’élaborer un cadre juridique capable de répondre au besoin urgent en matière de réglementation, d’organisation et de contrôle.
MAP 30 déc. 2015