Une session de formation sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels a été organisée, lundi 15/04/2019 à Rabat, au profit de magistrats et attachés de justice afin qu’ils puissent s’approprier les outils pédagogiques nécessaires à la sauvegarde du patrimoine culturel et de lutter contre un tel trafic.

Cet atelier, lancé par le ministère de la Culture et la communication en partenariat avec le Bureau de l’Unesco à Rabat, a pour objectif de mettre à niveau le capital humain en tant que pilier de toute politique publique efficiente par le biais de la sensibilisation des juges et des attachés judiciaires à l’importance de la préservation du patrimoine culturel.

Il est notamment destiné à consolider les capacités des étudiants des différents instituts nationaux de formation relevant des départements de la Justice, de l’Intérieur, de la Sureté nationale, de la Gendarmerie Royale, des Douanes et de la communication, afin de doter le Royaume de ressources humaines durables en mesure de mettre en pratique les mesures et instruments juridiques nationaux et internationaux en lien avec la lutte contre le trafic illicite des biens culturels.

A cette occasion, le ministre de la Justice Mohamed Aujjar a mis en avant le partenariat remarquable liant son département à l’UNESCO, soulignant que ce genre d’ateliers portent sur l’étude d’un sujet d’actualité portant sur les mécanismes juridiques et les efforts visant à lutter contre ce phénomène.

Il a appelé à la mise en place de mécanismes de coopération pour protéger et prévenir le trafic de biens culturels et afin de contenir ce phénomène et poursuivre les responsables en justice, notant que ce trafic, l’un des actes illégaux les plus dangereux, prend de l’ampleur à l’heure actuelle au regard notamment de ses revenus financiers importants.

Après avoir passé en revue les résolutions du Conseil de sécurité destinées à la protection de ce patrimoine, M. Aujjar a expliqué que, face au phénomène du trafic illicite de biens culturels, le communauté internationale a mis en place un arsenal juridique important visant à surmonter les divergences entre les différents systèmes juridiques, à l’instar du Code international de déontologie pour les négociants en biens culturels de l’Unesco et la base de données sur les œuvres d’art volées d’Interpol.

Le combat contre ce fléau, a relevé le ministre, requiert une approche participative ainsi qu’un plan national intégré conciliant prévention, sensibilisation et dissuasion. Il a rappelé à cet égard que la politique pénale place au rang de ses priorités l’établissement de mécanismes de lutte contre le trafic illicite des biens culturels, mais aussi l’adoption de mesures en phase avec les conventions internationales, à l’instar de la convention de l’ONU contre la criminalité transnationale organisée.

De son côté, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laâraj, a affirmé que cette session de formation, qui illustre la volonté de plusieurs départements ministériels, vise à sensibiliser aux dangers réels qui pèsent sur le patrimoine culturel et archéologique et à renforcer les compétences des formateurs en la matière.

La protection du patrimoine culture est l’une des grandes priorités que se fixe le département de la Culture, a-t-il dit, relevant que la convention de l’Unesco de 1970 sur « les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transport illicites de la propriété de biens culturels » offre un référentiel dans ce domaine.

La situation actuelle sur le plan mondial est marquée par la recrudescence du phénomène de trafic illicite des biens culturels, en particulier dans les régions du Moyen-Orient, de Afrique du Nord et sur les côtes africaines. Les biens culturels représentent, a-t-il dit, une composante majeure du patrimoine mondial de l’humanité et font l’objet de convoitises de réseaux internationaux qui s’activent dans ce genre de trafic.

La Directrice du Bureau de l’UNESCO à Rabat Golda El Khoury a assuré que la sensibilisation à la préservation du patrimoine culturel est une condition sine qua non pour lutter contre le trafic illicite des biens culturels.

Ces ateliers de formation sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels au profit des cadres de la justice ont pour but de contribuer au combat contre ce phénomène à travers une action de sensibilisation visant la mise en œuvre optimale des conventions y afférentes, a-t-elle noté, précisant qu’il s’agit de la convention de l’UNESCO de 1970 précitée ainsi que la convention de l’Institut international pour l’unification du droit privé (UNIDROIT) relative sur aux biens culturels volés ou illicitement exportés (1995).

Ils sont organisés avec le soutien de l’ambassade d’Espagne au Maroc dans le cadre du programme de coopération espagnol et du programme national de formation des formateurs en matière de protection du patrimoine culturel.

MAP  15Avril 2019

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