Le jumelage institutionel Maroc-Union Européenne (UE), dédié au renforcement des capacités institutionnelles du département de la communication et de ses partenaires médiatiques, est un mécanisme stratégique pour l’amélioration de la qualité et de la gouvernance de ce secteur vital, a souligné, vendredi à Rabat, le ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj.

Ce jumelage permettra de répondre aux objectifs du secteur de la communication, en vue de mettre en place une presse indépendante, libre et responsable mise au service de l’identité nationale et du développement sociétal, tout en respectant la déontologie professionnelle, telle qu’elle est reconnue à l’échelle internationale, a indiqué M. Laaraj, lors d’un séminaire consacré au lancement de ce jumelage.

Il a, également, fait savoir que ce projet vise à doter le Département de la Communication et les organismes bénéficiaires, à savoir le Centre cinématographique marocain (CCM), l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) et l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC), de ressources institutionnelles et de compétences nécessaires pour accompagner les évolutions que connaît le secteur et à permettre la mise en place de stratégies dédiées au secteur, à même de renforcer ses potentialités, notamment en matière de veille relative aux moyens de communication.

Il s’assigne également pour buts de doter le CCM de moyens nécessaires pour le suivi et le contrôle des financements accordés et de ressources techniques pour préserver, restaurer et promouvoir les archives iconographiques et audiovisuels, en plus de renforcer les compétences techniques de l’ISIC et de l’ISMAC pour offrir une formation de haut niveau, entre autres, a relevé le ministre.

De son côté, l’ambassadeur de l’UE à Rabat, Claudia Wiedey a estimé que « face au développement exponentiel des nouvelles technologies, nos institutions respectives en Europe et au Maroc doivent régulièrement s’adapter pour préserver la liberté d’expression, mais également adapter les systèmes de régulation, de suivi, d’accompagnement et de professionnalisation des acteurs ».

« Dans la société contemporaine de l’image, de l’information électronique instantanée et des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les opérateurs de la communication, de l’audiovisuel et de la culture sont omniprésents et ont un impact déterminant sur la vision des citoyens et leur compréhension des enjeux sociétaux et mondiaux, en particulier parmi les jeunes générations », a-t-elle soulevé.

Mme Wiedey a, dans ce sens, souligné que ce jumelage institutionnel contribuera à assurer un développement harmonieux et structurant des secteurs de la communication, de la culture et de l’audiovisuel, en conformité avec les politiques du Maroc et les principes prônés par l’UE, de façon à répondre aux attentes des citoyens et du Royaume.

Pour sa part, l’ambassadeur de France à Rabat, Jean-François Girault a indiqué que ce projet mené conjointement par l’Italie, l’Espagne et la France, trois États européens soucieux de valoriser et préserver leurs patrimoines culturels respectifs, ambitionne d’accompagner les institutions marocaines et d’appuyer le développement d’une stratégie pédagogique et opérationnelle pérenne.

« Ce jumelage aura des retombées qui vont au-delà des limites administratives », a-t-il dit, ajoutant qu' »en consolidant ses secteurs de la culture, de la communication et de l’audiovisuel, le Royaume se prépare à rayonner dans l’espace méditerranéen ».

Le conseiller de l’ambassade d’Espagne à Rabat, José Thovar Lozano, a, quant à lui, précisé que ce projet symbolise l’essence même de l’esprit européen, puisqu’il permet de coordonner les efforts des pays de l’UE dans une logique d’harmonisation de la coopération européenne, et d’alignement avec les priorités définies par le gouvernement marocain.

« Ce jumelage, qui permettra la participation des administrations européennes dans une véritable preuve d’unité dans la diversité, constitue le paradigme de modalité de coopération qui mène à un dialogue direct entre égaux et un apprentissage mutuel basé sur l’expérience et sur les leçons apprises », a-t-il estimé.

Antonio Martusciello, membre du Conseil de l’Autorité italienne de régulation des télécommunications (AGCOM), a, de son côté, souligné que les instruments mis en place dans le cadre de ce jumelage permettront de développer la coopération internationale au niveau des régulateurs, de bâtir de solides relations entre les différentes institutions concernées et de réaliser les objectifs escomptés.

Il a, également, estimé que la numérisation des moyens de télécommunication audiovisuelle et électronique et la nouvelle émergence de la dynamique des marchés entraînent des changements majeurs qu’il faudrait prendre en compte, notant que grâce à l’évolution d’Internet, de nouveaux services et de nouveaux opérateurs ont fait leur apparition et ont commencé à se tailler une part importante du marché.

Ce projet, inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme « Réussir le statut avancé » du Maroc avec l’UE à travers un processus de convergence réglementaire pour la consécration des acquis sociaux de l’Union, vise essentiellement l’accompagnement du Département de la communication dans le processus d’amélioration des conditions nécessaires au développement du secteur de la communication et de l’audiovisuel au Maroc.

Mené en partenariat avec le ministère français de la Culture, l’Autorité italienne de régulation des télécommunications et le ministère de la Culture de la région de Catalogne en Espagne, ce jumelage d’une durée de 2 ans (2018-2020), sera financé par l’UE à hauteur de 1,5 million d’euros et géré par le ministère marocain de l’Économie et des Finances.
MAP : 27/04/201