Le projet de loi organique relative à la définition des étapes de mise en œuvre du caractère officiel de l’Amazigh et des moyens à même de l’intégrer dans l’enseignement et dans d’autres domaines de la vie publique, constitue une « illustration de la conciliation historique avec soi » et un pas en avant en matière de gestion de la diversité au Maroc, a indiqué, mercredi à Rabat, le ministre de la Culture et de la communication, Mohamed El Aaraj.

Dans un exposé devant la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants, M. Laaraj a souligné que cette loi organique, qui constitue également une occasion pour asseoir les base de préservation de la dignité et des droits des différentes composantes du peuple marocain, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’article 5 de la Constitution, notant qu’elle comprend 35 articles classés en 10 axes.

Il a ajouté que ces axes englobent en particulier les principes généraux de la mise en œuvre du caractère officiel de l’Amazigh et son intégration dans les domaines de l’enseignement, de la législation et l’action parlementaire, de l’information et la communication, de la créativité culturelle et artistique et son utilisation dans les administrations et l’ensemble des services publics, ainsi que dans le secteur de la justice, en plus des étapes de la mise en œuvre du caractère officiel de cette langue et des mécanismes de son suivi.

Le ministre a, de même, précisé que ce projet prévoit également la protection du patrimoine culturel et civilisationnel amazigh avec toutes ses spécificités et le renforcement des compétences des ressources humaines, relevant des administrations publiques dans les secteurs public et privé, qui œuvrent dans le domaine de la communication amazigh, outre la consolidation de la recherche scientifique en vue de développer la langue amazigh et encourager la traduction.

A cet égard, M. El Aaraj a fait savoir qu’une journée d’étude autour du projet de loi organique sera organisée prochainement, en vue d’approfondir le débat autour de ses contenus et renforcer les acquis du Maroc en matière de démocratisation, de modernisation et de rendre hommage aux différentes composantes de l’identité nationale.

Concernant l’intégration de la langue amazighe dans l’enseignement, le ministre a indiqué que le projet stipule que l’autorité gouvernementale chargée de l’éducation et de la formation, en coordination avec le Conseil national des langues et de la culture marocaine, et le Conseil Supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche est tenue d’entreprendre les mesures de l’intégration de la langue amazighe d’une manière progressive dans le système d’éducation et de formation, dans les secteurs public et privé, avec la possibilité de la création de cycles de formations et d’unités de recherche spécialisées dans la langue et la culture amazighe au sein des établissements d’enseignement supérieur, outre l’intégration de cette langue au programme de lutte contre l’analphabétisme et d’éducation non formelle.

Il a aussi noté que le projet de loi organique comprend la possibilité de l’utilisation de la langue amazighe dans les travaux des séances publiques et les commissions parlementaires avec la mise à disposition de la traduction simultanée, et la transmission de ces séances accompagnées de la traduction simultanée vers la langue amazighe sur les chaines télévisées et les radios publics amazighs.

El Aaraj, a par ailleurs, fait observer que l’Etat veille à promouvoir les créativités, les productions et les festivals amazighs, dans le cadre de l’unité de l’identité nationale et de sa diversité, à travers la valorisation du patrimoine civilisationnel et culturel amazigh, en tant que patrimoine immatériel commun de tous les marocains, avec l’intégration de la culture et les expressions artistiques amazighes dans les méthodes de la formation culturelle et artistique au sein des institutions de formation spécialisés publics et privés.

Le projet de loi organique stipule également que l’écriture des données des Cartes d’identités nationales (CIN), des passeports, des permis de conduire, des cartes de séjours des étrangers et des différentes cartes personnelles et certificats administratifs, des pièces de monnaies, des timbres postaux et des cachets des administrations publiques soient en langue amazighe, a-t-il précisé.

Le ministre a aussi souligné que ce projet de loi a également mis l’accent sur la nécessité d’intégrer la langue amazighe dans les panneaux de signalisation affichés sur les façades et au sein des administrations et des services publics, des conseils, des instances constitutionnelles, des ambassades, des consulats marocains à l’étranger, des routes, des aéroports, des ports et d’autres espaces publics.

Le projet de loi organique relative à la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh et de son intégration dans l’enseignement et dans la vie publique se base sur le principe de la progressivité, selon trois phases: le court terme qui s’étend sur une durée de 5 ans, le moyen terme sur une durée de 10 ans et le long terme qui s’étale sur 15 ans.

(MAP-05/07/2017)