Le vernissage de l’exposition  »Mogador » de la photographe italienne Veronica Gaido et l’artiste plasticien et sculpteur italien Vito Tongiani a eu lieu, mardi soir à la galerie Bab Rouah de Rabat.

Le vernissage de cette exposition, organisée à l’initiative de l’association Essaouira Mogador jusqu’au 24 mai pour rendre hommage à la belle cité des Alizés, s’est déroulé en présence notamment de M. André Azoulay, conseiller de SM le Roi, et du ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj.

Les photographies de Veronica Gaido mettent en relief la force du vent qui souffle sur l’océan Atlantique à Essaouira tandis que les oeuvres de Vito Tongiani, qui réside depuis des années à Essaouira, rendent hommage au port de la ville et à ses bateaux bleus, aux pêcheurs et aux femmes d’ici et d’ailleurs.

« Personne ne peut peindre une ville. Ce serait prétentieux, fallacieux. Une ville c’est immense, insaisissable, en mouvement permanent et la force des arts visuels est de pouvoir capter dans un point focal l’infini, l’immensité. La métaphore d’une ville », écrit Driss Ksikes, écrivain et artiste de théâtre contemporain marocain, dans un texte diffusé par l’Association Essaouira Mogador.

A travers « Mogador », les deux artistes italiens  »proposent autour du port d’Essaouira des extractions visuelles sensibles, des gens, des gestes, des choses invisibles, mais récurrentes et parfois immuables », souligne Driss Ksikes.

« Ce port artisanal, étroit, loin de la machinerie moderne et du gigantisme ambiant, est un lieu reclus, de vie, protégé des flots de touristes, une sorte de refuge qui témoigne de parcours immobiles », ajoute M. Ksikes, expliquant qu’il s’agit d’un « lieu de contrastes aussi, où se côtoient l’héroïque bataille des gens humbles pour leur survie et, à l’ombre, le péril cyclique des braves. Un espace chatoyant de couleurs le jour et drapé quelques fois, d’un noir tragique, le soir ».

Selon lui, Veronica Gaido et Vito Tongiani ont indéniablement l’humilité et la spiritualité d’artistes en quête de sens, notant qu’ils transportent avec eux des bribes de sensations emmagasinées ici et là et une fois, arrivés à bon port, restent ouverts à une prochaine brise qui viendrait les enrichir. Tout leur travail consiste à contenir cette énergie, sans l’enfermer, la fertiliser de leur mémoire sans jamais l’affaiblir de quelque préjugé.

Vito Tongiani est marbrier de formation, peintre par prédilection et sculpteur par passion. A l’origine des sculptures des quatre héros du tennis français à Roland Garros, ses portraits qu’ils soient peints ou sculptés, frappent par leur vraisemblance. Installé depuis plusieurs années à Essaouira, il a choisi d’immortaliser le port de la ville et ses barques.

Veronica Gaido est une photographe qui fige à travers son appareil les moindres instants de vie de Mogador.

MAP  26 Avril 2017